L'acteur et l'écrit

À propos de L’acteur et l’écrit

Une famille artistique diverse

Notre modèle repose sur la solidarité d’une équipe de base constituée d’intermittents qui se retrouvent fidèlement de création en création. L’acteur et écrit fonctionne comme une famille. C’est à la fois une fragilité et une force. L’intégration des diversités culturelles et sociales est une constante de notre travail. Nos équipes mélangent les genres et les générations.

Découvrir les visages

« Au théâtre, il y a ceux qui surfent sur la mode – se résumant actuellement au récit de vie, au manifeste social, à l’écriture de plateau et à l’omniprésence de la vidéo – et il y a ceux qui, insensibles à l’air du temps, creusent une même obsession, fidèles à une ligne droite et radicale. Frédéric Dussenne est de ceux-là. Si sa compagnie s’appelle L’acteur et l’écrit, c’est parce que toute sa force de création réside dans ces deux matières absolument vitales. Des hommes et des mots. »

Par Catherine Makereel — Le Soir, 2018

« Au théâtre, il y a ceux qui surfent sur la mode – se résumant actuellement au récit de vie, au manifeste social, à l’écriture de plateau et à l’omniprésence de la vidéo – et il y a ceux qui, insensibles à l’air du temps, creusent une même obsession, fidèles à une ligne droite et radicale. Frédéric Dussenne est de ceux-là. Si sa compagnie s’appelle L’acteur et l’écrit, c’est parce que toute sa force de création réside dans ces deux matières absolument vitales. Des hommes et des mots. »

Par Catherine Makereel — Le Soir, 2018

La parole

Nous travaillons sur l’oralité, qui est au croisement du corps de l’acteur et de l’écriture, aussi bien à partir de romans, de journaux intimes, de correspondance, de poèmes ou d’essais que de textes écrits pour le théâtre. Notre priorité va aux aux autrices et auteurs vivants et à la littérature francophone de Belgique, avec des incursions dans le répertoire international et les grandes oeuvres du passé. Nous pratiquons, selon le voeux de Paolini, un théâtre de parole.

Choralité démocratique

Nous élaborons des formes chorales atypiques impliquant intimement le corps et la poésie au sens large. Le modèle de la tragédie antique, qui entendait fonder la première démocratie occidentale, hante notre pratique. Le chant, la danse et la performance sont au coeur de notre travail.

Un groupe théâtral mobile

Nous sommes une compagnie de création, ce qui signifie que nous ne maîtrisons pas les outils de production et de diffusion. L’acteur et l’écrit est un groupe théâtral mobile qui circule de Saint Ghislain à Rio et d’Anderlecht à Avignon. Ce nomadisme est une manière d’habiter le théâtre autrement, d’occuper des espaces variés et de renouveler sans cesse la rencontre avec un public que nous rêvons à l’image de la diversité du monde.

Découvrir les créations

Dogma

Donner la priorité aux mots sur les images

L’écriture poétique, forgée dans la solitude ,résiste au flux de communication visuelle auquel nous sommes quotidiennement soumis. Ça prend le temps du recul, de la distance, de l’écart. Ça tourne autour de l’invisible, formule l’utopie qui vient, libère la colère en mêlant le sens et les vibrations. C’est produit par un corps et donc irrigué d’inconscient. Ca transmet un matériau à la fois intime et politique. Une langue poétique, c’est un instrument d’émancipation, de lutte. L’oralité rend la grande littérature accessible aux analphabètes.

Interroger le rapport au public

Le réel, au théâtre, c’est la représentation. Le rassemblement, l’attroupement des corps. L’enjeu est là. Il est politique. Il ne s’agit pas de montrer un objet, mais de provoquer une rencontre autour d’un conflit symbolique. Inventer pour cela une machine ; construire un piège dans lequel on se laissera prendre avec les spectateurs. Un dispositif qui tienne davantage de la performance que de l’imagerie. Qui bouleverse nos repères spatio-temporels habituels.

Rester nomade

On peut faire du théâtre dans des caves, des parkings, des salles de fête, des bistrots, dans un camp de réfugiés, une salle de classe, une salle de sport, devant des ruines, sous un chapiteau… On peut faire du théâtre partout. C’est un métier de forains. Les espaces où le théâtre a lieu ont été le plus souvent détournés de leur vocation première. Le théâtre squatte. Il l’a toujours fait. Il ne naît pas dans l’institution. Au mieux, elle le récupère, au pire, elle l’opprime. Nous assumons notre nomadisme en alternant l’utilisation délibérément pervertie des espaces assignés à la représentation et l’occupation de lieux non dédiés.

Favoriser l’intimité

La solidarité n’est pas naturelle, elle est problématique ; culturelle. La théâtre a pour fonction première d’incarner la Cité. Ça passe par le corps. Nous voulons rassembler acteurs et spectateurs dans des espaces confinés qui favorisent les zones de contact entre les corps. Il s’agit moins de séduire – c’est à dire de capitaliser sur du connu – que de troubler. Cela passe par un relatif et ludique inconfort.

Mettre la technologie au service du corps

Le théâtre dramatique c’est l’action. Ce qui compte n’est pas ce qui se voit, mais ce qui se passe. Chaque représentation est une fête dionysiaque. Archaïque. Nous réduisons délibérément l’utilisation de la technologie au minimum nécessaire au déroulement d’un rite culturel. Nous la mettons au service de ce que peut le corps humain. C’est notre façon modeste de résister au techno-fascisme triomphant.

Donner la priorité budgétaire aux personnes et au temps de travail

Nous voulons investir prioritairement dans le temps de travail. Que les acteurs répètent. Que les concepteurs réfléchissent. Et que ce temps de travail soit rémunéré. Faire des économies sur les choses pour investir au maximum nos moyens dans les gens. A l’instar des artistes de l’Arte Povera, nous voulons donner la priorité à la recherche et à la rencontre sur la fabrication d’objets artistiques consommables.