L'acteur et l'écrit
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2009-2010 Spectacle Bruxelles

Affabulazione

(Diptique Pasolini I)

Un industriel milanais, père de famille pragmatique et plutôt « centre gauche », fait ce rêve étrange : il se voit enfant, à la poursuite d’un garçon plus grand que lui et dont il ne peut voir le visage. Il l’appelle « Père ».
Il se réveille en sueur et cherche à élucider son rêve. Ce garçon insaisissable serait-il son propre fils ? Il est pris d’un violent malaise. Infarctus réel ou rêvé ? Prophétie ou énigme ? Désormais, le Père vivra – parfois jusqu’au ridicule – dans la hantise de résoudre le Mystère du Fils. Mais comme le révèlera le spectre de Sophocle en personne : on ne peut résoudre le mystère. On peut seulement le connaître. C’est-à-dire le toucher, le voir, le sentir… Alors que les intellectuels de sa génération ont une fâcheuse tendance à pleurnicher sur les échecs de la gauche, Pasolini réaffirme dans chaque geste poétique son amour immodéré pour la réalité. « Cette religion qui n’a d’autre principe que le rose dans lequel naît le soleil et le rose dans lequel il meurt. »

Distribution

Texte Pierre Paolo Pasolini
Traduction Michèle Fabien et Titina Maselli
Prêtre/Commissaire/Spectre de Sophocle/Necromancienne/Mendiant Benoît Van Dorslaer
Mise en scène Frédéric Dussenne
Assistante à la mise en scène Muriel Legrand
Lumières Renaud Ceulemans
Costumes Lionel Lesire
Musique originale Pascal Charpentier
Chorégraphie Laurent Flamant

Extraits de presse

« Dans le rôle fleuve du père Fabrice Rodriguez se laisse envahir par une fièvre angoissée et réussit à l’exprimer par la contraction du corps. Sujet de sa hantise, Renaud tefnin démarre avec cette insouciance que les adolescents portent en étendard, puis se braque contre la folie perverse du paternel. La violence de leurs rapports atteint son sommet dans deux fragiles mises à aussi concrètes que métaphoriques, avant que les coups de couteau ne pénètrent symboliquement la chair.  »

« Dans la magnifique scénographie sobre et non-réaliste de Thibaut Van Craenenbroeck, Dussenne dose habilement le poids du tragique et les accents comiques pour faire jaillir avec frénésie la poésie d’un texte plus que jamais d’actualité.  »

« Le spectateur devient partie intégrante de la mise en scène : comme le père espionne et s’insinue de manière indiscrète dans la vie de son fils, le public est élu voyeur par excellence, participe aux impulsions transgressives des personnages, à leur évolution continue, puisant dans un texte corsé et riche en thèmes profonds, matière à réflexion sur la condition de l’homme moderne.  »

« Frédéric Dussenne monte l’oeuvre incandescente de Pasolini sur un père infanticide. Allusif, elliptique, intense et poétique, peut-être un peu trop distancié, mais beau… »