L'acteur et l'écrit
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2011-2012

Combat avec l’ombre

Assumer la fragilité

Dans le roman d’Henry Bauchau, envolé l’an dernier au seuil de ses 100 ans, une amitié dans la tourmente de la guerre. Sur scène, un acteur et un circassien. Deux voix et deux corps. Et une technique de cirque – la roue Cyr – pour rendre compte du vertige, du déséquilibre, de la fragilité des destinées humaines.

Pendant l’occupation allemande, deux trentenaires, démobilisés après la débâcle des dix-huit jours, se retrouvent régulièrement pour faire de l’escalade sur le rocher de Freyr.

Le premier n’est pas nommé mais est le double presqu’avoué de l’écrivain ; le reflet de sa mémoire profonde. Le second s’appelle Stéphane.

Une amitié aux limites d’un amour qui demeurera à jamais informulé se tisse entre eux à la faveur de ces rencontres lumineuses en pleine nature. Stéphane s’engagera le premier dans la résistance et sera exécuté dans des circonstances atroces. Le narrateur voudra savoir et se lancera dans une enquête qui l’entraînera, dans les zones les plus obscures de son inconscient, à la rencontre de Shadow, un officier nazi.

Un acteur, artiste de la parole, et un artiste de cirque, dont la pratique est liée au corps, racontent cette histoire à deux voix distinctes et accordées. La roue Cyr et les décors-agrès autoportants rendent compte des vertiges, des glissades et des chutes. Le récit advient en confidence, comme improvisé, sous l’œil d’une caméra qui fouille l’intimité des personnages. Un spectacle fait du délicat vertige de la confession.

Distribution

Texte Frédéric Dussenne d’après Le boulevard périphérique de Henry Bauchau
L’autre Emmanuel Gaillard
Dramaturgie, scénographie et mise en scène Frédéric Dussenne
Assistanat à la mise en scène Thomas Mustin
Costumes Lionel Lesire
Création lumière Renaud Ceulemans
Photos

Extraits de presse

« Le texte résonne. La sobriété de la mise en scène, la vigueur des comédiens, leur candeur, le portent haut. Le silence importe aussi. Le metteur en scène l’a bien compris. Pas un bruit donc, pas un son, ou presque, pendant que les mots s’écoulent. Juste un chant, revigorant, à l’issue du combat. Libérateur comme un cri d’amour qui porte enfin son nom. »

« La beauté simple du texte, défendu avec une intensité qui exclut tout " dramatisme " superflu est bouleversante. La soixantaine de spectateurs présents ont gratifié les acteurs de 4 rappels. Personnellement ce " théâtre de chambre ", favorisé par le plateau étroit du Théâtre des Doms, me touche plus que les grandes messes, souvent rhétoriques et pompeuses, (pas toujours !!!) de la Cour d’Honneur. »

« Le jeu contenu des comédiens avec densité et tact ouvre toutes les portes du sens, n’en privilégie aucune tout en éclairant l’amour demeuré orphelin. Le spectateur est happé par le récit et, dans une grande concentration et qualité d’écoute, accompagne les comédiens dans cette histoire tragique qui aurait pu ne pas être en d’autres temps autres lieux.  »