LUCRÈCE BORGIA
Coproduction Le manège.mons/Centre Dramatique, L’Acteur et l’écrit, L’Atelier théâtre de Louvain-la-Neuve, le Festival de Théâtre de Spa, avec la participation du Centre des Arts Scéniques et de la Maison de la Culture d’Arlon.
Lucrèce et Génnaro ne sont pas du même monde : elle exerce le pouvoir, il aspire à la révolution. Elle est fille, elle est sœur, elle est mère. Elle est femme, confrontée à une meute d’hommes. Il est un enfant du drapeau qui ne connaît pas sa famille. Un déraciné en quête d’identité. Un jeune adulte qui veut un avenir.
La raison devrait les réunir, la tragédie va les déchirer. Quand l’acteur s’avance au proscénium, il faut qu’il nous parle frontalement. Que les mots anciens qu’il prononce résonnent au cœur de nos préoccupations contemporaines. La domination des nantis s’étale aujourd’hui avec une arrogance qui n’a rien à envier à celle des Borgia ou de Charles X. Cette bande de jeunes gens révoltés qui arrachent le B de Borgia au fronton du palais ducal de Ferrare ne ressemblent pas seulement aux ouvriers typographes insurgés qui, en 1830, défilaient dans les rues de Paris au cri de «vive la république !» en réclamant la liberté de la presse. Elle nous renvoie aussi à l’image de ces enfants humiliés qui incendient des voitures dans les banlieues abandonnées des cités européennes. Le temps passe, l’oppression demeure.
«Hugo dans sa pureté shakespearienne.» La Libre