L'acteur et l'écrit
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2008-2009 Spectacle Bruxelles Wallonie

Lucrèce Borgia

Hugo dans sa pureté shakespearienne

Lucrèce et Génnaro ne sont pas du même monde : elle exerce le pouvoir, il aspire à la révolution. Elle est fille, elle est sœur, elle est mère. Elle est femme, confrontée à une meute d’hommes. Il est un enfant du drapeau qui ne connaît pas sa famille. Un déraciné en quête d’identité. Un jeune adulte qui veut un avenir.
La raison devrait les réunir, la tragédie va les déchirer. Quand l’acteur s’avance au proscénium, il faut qu’il nous parle frontalement. Que les mots anciens qu’il prononce résonnent au cœur de nos préoccupations contemporaines. La domination des nantis s’étale aujourd’hui avec une arrogance qui n’a rien à envier à celle des Borgia ou de Charles X. Cette bande de jeunes gens révoltés qui arrachent le B de Borgia au fronton du palais ducal de Ferrare ne ressemblent pas seulement aux ouvriers typographes insurgés qui, en 1830, défilaient dans les rues de Paris au cri de «vive la république !» en réclamant la liberté de la presse. Elle nous renvoie aussi à l’image de ces enfants humiliés qui incendient des voitures dans les banlieues abandonnées des cités européennes. Le temps passe, l’oppression demeure.


«Hugo dans sa pureté shakespearienne.» La Libre

Extraits de presse

« Hugo dans sa pureté shakespearienne. Monté à la manière d’un « théorème pasolinien » par Frédéric Dussenne dans de sombres costumes contemporains (Lionel Lesire) et en l’absence de tout décor - mis à part un module géométrique mobile en forme de coin (Vincent Bresmal) - le texte de Hugo, intelligemment dégraissé, met droit dans la cible. »

« Une horde de gamins intransigeants qui s’opposent au pouvoir, à l’ancien régime qu’incarne Lucrèce Borgia, mère d’un enfant secret : rarement Hugo aura respiré une telle jeunesse, entre le romantisme et le conflit des génération d’aujourd’hui. Frédéric Dussenne au gouvernail d’une mise en scène rigoureuse et violente, Valérie bauchau, Philippe Jeusette, Rachid Ben Bouchta et les jeunes comédiens rivalisent d’émotion et d’énergie, sur un plateau débarrassé de l’esthétique du mélodrame.  »