Patricia
Quand un nom se fait patrie
Vanessa est centrafricaine. Elle a douze ans. Elle a miraculeusement échappé à un naufrage en traversant la méditerranée pour rejoindre son père, Jean Iritimbi, qui s’était exilé lui-même, dix ans auparavant, dans l’espoir d’une vie meilleure.
Patricia a quarante-trois ans. Elle est issue de la classe moyenne française. Elle rencontre Jean Iritimbi dans un hôtel près des chutes du Niagara où elle est venue disperser les cendres de sa mère. Il est en situation illégale. Elle lui fournit des faux papiers et le ramène avec elle à Paris.
Le jour où il apprend que sa femme et ses filles sont aux mains des passeurs, Jean Iritimbi, qui a caché leur existence à Patricia, part sans la prévenir à leur recherche. Il retrouve Vanessa dans un camp de réfugiés. Elle a perdu l’usage de la parole. Mais sa mère et sa sœur restent introuvables. Acculé, il demande à Patricia de s’occuper de Vanessa pendant qu’il part à leur recherche. Elle accepte. Les deux femmes se retrouvent seules. Au pied du mur.
Distribution
Extraits de presse
« Il y a, dans ce texte et dans l’adaptation intelligente qui en est faite, à la fois toute la difficulté et toute la beauté de nos relations humaines: cette impossibilité qui est la nôtre, souvent, de nous comprendre, d’en passer par le langage, et ce lien qui pourtant se noue malgré tout – même sans nom, sans fonction précise. Ce lien qui est sans doute le dernier possible, dans une Europe dont les décideurs refusent toute solidarité, toute humanité, à ceux et celles qui sont forcés de prendre la mer pour fuir. Un spectacle sobre et puissant. »
« Raphaëlle Bruneau et Consolate Sipérius apprivoisent leur détresse avec poésie. Sans jamais juger, ni culpabiliser, Patricia s’invite dans nos consciences comme un souffle d’humanité. »
« Dans ce rôle, Raphaëlle Bruneau nous fait l’effet d’une proue inébranlable à l’avant d’un bateau pris dans la tempête. Entre tension et douceur, la comédienne nous happe dans son épineuse entreprise pour raccrocher une petite fille à la vie. Puis, c’est Consolate Sipérius qui prend le relai pour exprimer les dialogues intérieurs de Vanessa. D’abord recroquevillée, le regard fuyant, la comédienne va peu à peu délier ce corps imaginaire, marqué par la tragédie, à mesure que son personnage s’ouvre de nouveau au monde. Aussi subtile que cruellement incarnée, sa métamorphose en impose. »