Pétrole
Une performance sur la nature du pouvoir
Pétrole est, avant tout, un livre testamentaire. Pasolini s’y livre comme jamais. C’est aussi un livre sur le désir, le besoin, la conquête et l’exercice du pouvoir.
Pour démarrer notre travail, nous avons décidé, Adrien Drumel et moi, de nous attacher plus particulièrement à un bref récit dans le récit. Un conte philosophique, un peu à la manière de Voltaire.
On y raconte l’odyssée d’un intellectuel anglais en quête d’émotions fortes qui a décidé, par pur sadisme, au sens littéraire et philosophique de ce terme, de partir en Afrique, où il a appris qu’il était encore possible, au vingtième siècle, d’acheter une esclave. C’est sur une fillette qu’il jettera son dévolu. Elle se soumettra à tous ses désirs. Mais l’expérience se révélera peu porteuse en découverte pour notre « homme des lumières ». C’est un journaliste. J’avais oublié de le préciser. Il revend alors son esclave à un monastère et quitte le continent noir. La révélation tant attendue surviendra inopinément sur le chemin du retour, en Europe, plus précisément à Naples. Le jeune homme y vivra une expérience décisive, qu’on peut même qualifier de conversion. L’ironie, décidément, ne comble pas la vie.
Extraits de presse
« A quelques-uns, par un dimanche fin d’après-midi, on se retrouve saisi par l’incandescence du moment et d’une mise en scène subjuguante, – une bouteille de vin rouge, un solo dansé, les secousses et scansions d’un corps livré à la brutalité, à l’abâtardissement, à la destruction par le caprice de curiosité d’un homme blanc, éduqué, venu du nord « civilisé » »
« C'est une performance théâtrale. Une vraie. Face au progressisme de salon, l'ironie du maître fait mouche. On ressort de là en s'interrogeant sur le relativisme culturel et le sens de droits de l'homme qui seraient réservés aux seuls hommes blancs. »
« D’une intimité perturbante et bouleversante, Pétrole résume parfaitement le accompli depuis vingt ans par L’acteur et l’écrit : un corps, un texte, mais surtout ce fil tendu, ce lien indescriptible avec le spectateur, plus puissant encore dans les silences que dans les mots. »
« Frédéric Dussenne fête les 20 ans de sa compagnie en offrant en cadeau une performance intimiste. Un lent monologue vers la nuit. »