Violence et passion
Est l’avant dernier film de Luchino Visconti. Il fait figure de testament spirituel.
Violence et passion est l’avant dernier film de Luchino Visconti. Il fait figure de testament spirituel.
Il met en scène, un vieux professeur solitaire sans enfant, collectionneur de « conversation pieces », ces tableaux anglais du dix-huitième siècle qui représentent des familles de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, avec leurs enfants, leurs domestiques et leurs chiens.
Le quotidien de cet homme de culture, au passé résistant et militant, qui s’est isolé du monde et qui sent peu à peu la mort s’approcher, est bousculé par l’irruption de Bianca Brumonti, représentante de la nouvelle bourgeoisie italienne au pouvoir, qui le persuade de lui louer l’appartement situé au dessus du sien pour son gigolo, Konrad, sa fille, Lietta et son petit ami, Stefano.
Le scénario situe l’action dans le contexte des années de plomb, inaugurées, en Italie, par l’attentat de la Piazza Fontana à Milan, attribué à l’extrême droite à laquelle le mari de Bianca, industriel puissant, semble appartenir. A l’autre bout du spectre socio-politique, Konrad, issu d’un milieu populaire, semble avoir un passé d’activiste communiste.
Les rapports ambivalents où le désir et l’amour ne cessent de circuler entre les genres et les générations dans ce groupe « familial » réuni par Visconti opèrent tout au long du scénario, une improbable recomposition, où le professeur finit par faire office de père de substitution.
Le passé et le présent politiques et intimes des protagonistes vont faire exploser, au cours d’un repas « familial », ce fragile équilibre.